Histoire du GEM
La Genèse du GEM
Au commencement, il n’y avait que les ténèbres. Rien ne traversait les membranes. Puis vint Jéminet et son équipe de Clermont-Ferrand, qui synthétisa des dérivés d’ionophores tels que la calcimycine, le lasalocide et la monensine.
Vers 1983, le CNRS, dans sa sagesse, créa une RCP (Recherche Coopérative sur Programme) destinée à étudier les effets de ces dérivés sur la perméabilité des membranes, sous la direction de Georges Jéminet et de Gérard Spach. En 1985, Jacques Bolard et son expertise sur l’amphotéricine B rejoignirent le groupe.
En 1986, la RCP prit fin. Ses membres, souhaitant poursuivre leur collaboration, déposèrent une nouvelle demande de RCP. Hélas, le CNRS décida à ce moment-là de supprimer le système des RCP.
Les anciens membres, forts de l’entente constructive qui les unissait, choisirent de continuer à coopérer et formèrent un groupe de recherche. Jacques Bolard se porta volontaire pour animer ce groupe et proposa d’y associer des collègues de Bordeaux, Toulouse, Montpellier et Strasbourg. Il fut clairement établi que l’objectif serait d’étudier le mécanisme d’action des effecteurs membranaires. Aline Vertut-Croquin suggéra un nom : le GEIMM (Groupe d’Étude des Interactions Molécules-Membranes). Le CNRS donna son accord à cette initiative. Ainsi naquit le GEIMM.
À l’œuvre …
La première réunion du GEIMM, véritable acte fondateur, se déroula à Paris du 16 au 18 novembre 1987, sous l’impulsion de Jacques Bolard. Soutenue par l’INSERM, le CNRS et la Société Française de Biochimie (SFB), cette réunion ambitieuse rassembla près de 170 participants, dont de nombreux collègues européens. Il fut déjà recommandé d’y tenir les conférences en anglais, bien que cette ambition internationale ne fut pas toujours pérennisée par la suite.
Les réunions du GEIMM se succédèrent ensuite à intervalles réguliers (environ tous les 18 mois). Les thèmes abordés évoluèrent progressivement : la vectorisation fit son apparition dès 1996, mais l’esprit initial, impulsé par Jacques Bolard et ses collègues, demeura intact. Pendant la première décennie, l’organisation des réunions reposait entièrement sur l’organisateur désigné lors de la réunion précédente. Face au succès grandissant, il devint nécessaire de créer un « Comité du GEIMM ». Cette décision fut prise sous l’impulsion de Michèle Saint-Pierre, lors de la 9ᵉ réunion organisée par les Parisiens en Ardèche en septembre 2000.
Le comité se réunit pour la première fois à Paris le 31 janvier 2001. Il rassembla tous les organisateurs (en binôme ou en solo) des réunions précédentes depuis 1987. Il fut convenu que la présidence du comité reviendrait à l’organisateur sortant et que le passage de témoin (et donc la responsabilité de la réunion suivante) serait décidé lors de l’Assemblée Générale clôturant chaque réunion. En cas de départ d’un membre, celui-ci pouvait coopter une personne de son choix, de préférence représentant sa région. Le comité devait se réunir avant et après chaque congrès pour maintenir une cohésion entre les différentes réunions.
Dès le début, la question de l’association du GEIMM à la SFB se posa, des deux côtés. Plusieurs réunions (6ᵉ, 10ᵉ et plus récemment 14ᵉ) eurent d’ailleurs lieu en parallèle avec le Congrès biannuel de la SFB. Certains membres fondateurs craignaient que le GEIMM n’y perde son identité. Une charte fut signée le 14 mai 2001 entre les représentants des comités du GEIMM et de la SFB, faisant du GEIMM le premier groupe thématique de la SFB.
Face à des règles administratives de plus en plus contraignantes, il devint nécessaire de donner au GEIMM une existence légale. Agnès Girard-Egrot et Erick Dufourc se chargèrent de cette tâche, et l’association fut déclarée à la Préfecture du Rhône en septembre 2011. Elle se définit comme une société savante visant à fédérer, au niveau national, les activités relatives à l’étude des membranes biologiques sous tous leurs aspects. À cette occasion, il fut décidé de modifier le nom du groupe.
Le GEIMM devint ainsi le Groupe d’Études des Membranes (GEM), nouveau sigle officiellement adopté lors de la 15ᵉ réunion à Paris en avril 2012.
Jacques BOLARD, Guy DUPORTAIL, Michèle SAINT-PIERRE, 2012.